samedi 12 novembre 2011

Proposition d’article pour la revue Transcontinentales n°11 : L’émergence de nouveaux marchés de l’art


 Titre provisoire :
Nairobi is not an art market, it’s an art farm”. Connexions et déconnexions métropolitaines à Nairobi, Kenya

Peterson Kamwathi dans son studio à Kiambu, octobre 2011

 Résumé :
Depuis une décennie, Nairobi présente une concentration singulière et inédite d’activités artistiques, saluées par la critique comme une « Renaissance culturelle » à l’échelle est-africaine. Pourtant, lors d’un entretien dans son studio en périphérie de la ville, Peterson Kamwathi, figure majeure de l’art contemporain kenyan, tournait en dérision l’idée qu’il y aurait un marché de l’art à Nairobi. Selon lui, Nairobi serait plutôt une « ferme de l’art ». Pour cet artiste qui fait le tour de l’Afrique et du monde pour participer à des workshops, bénéficier de résidences et exposer à Johannesburg, Londres ou New-York, cette métaphore agricole qui déprécie le poids de Nairobi est sous-tendue par un imaginaire de la hiérarchisation spatiale de la production artistique. Pour devenir marché, l’art produit à Nairobi se devrait d’être acheminé en dehors de la ville. L’hypothèse que nous interrogeons est que la métropolisation conditionne ces déplacements de la « ferme » au « marché ».

Le concept de « véhicule de l’art », développé dans cet article, permet de rendre compte des modalités et du sens des déplacements qui font le marché. A Nairobi, les artistes ont longtemps usé d’un véhicule « domestique », c'est-à-dire œuvrant directement pour une population expatriée vivant ou traversant la ville et répondant à leurs sollicitations stylistiques et idéologiques. Ce véhicule a créé un marché en circuit fermé. Aujourd’hui, pourtant, certains centres d’art ou réseaux institutionnels développent des connexions entre la ville et la scène mondiale de l’art. Ces connexions, archipélagiques et épisodiques, introduisent un véhicule que l’on appellera « métropolitain », avec un agenda, un langage et un modèle économique propre. Notre article propose d’étudier le basculement entre le véhicule domestique et le véhicule métropolitain par l’angle des pratiques spatiales d’artistes à Nairobi. Il s’agira de se demander comment les artistes s’inscrivent dans des véhicules de l’art par leurs pratiques quotidiennes et leurs trajectoires professionnelles. Plus largement, on cherchera à comprendre comment une grande ville au Sud, marginale sur la carte mondiale de l’art, se branche et fait exister ces échelles métropolitaines.

Mots-clés : véhicules de l’art, pratiques spatiales, métropolisation, art contemporain, Nairobi

                Olivier Marcel, octobre 2011

1 commentaires:

  1. Très intéressant... "A Nairobi, les artistes ont longtemps usé d’un véhicule « domestique », c'est-à-dire œuvrant directement pour une population expatriée vivant ou traversant la ville et répondant à leurs sollicitations stylistiques et idéologiques" - C'est pour cette raison que les artistes africains se sont limités et se limitent encore à reproduire ce style naive africain (tinga tinga et autres) pour satisfaire la demande des touristes et personnes de passage.

    Il est temps que les artistes kényens deviennent de vrai artistes contemporains, comme Kamwathi, avec un style original.

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